Agir 2040 : à Vichy, les habitants sont invités à dessiner la ville de demain
Par Oceane DUFOULON
La ville de Vichy lance une nouvelle consultation auprès de ses habitants dans le cadre d’Agir 2040. À travers un questionnaire diffusé en ligne et dans plusieurs points de la ville, la municipalité souhaite recueillir les attentes et les ressentis des Vichyssois sur l’avenir de leur ville. Une démarche qui doit permettre d’affiner le projet municipal et de définir le calendrier des actions à mener dans les prochaines années.

Après les consultations menées en 2018 puis en 2021 autour de Vichy 2030 et d’Agir 2035, la Ville de Vichy remet les habitants au cœur de sa réflexion avec Agir 2040. « Le but, c’est de s’inscrire sur un temps politique long qui dépasse le mandat pour mener à bien les projets », explique Matthieu Boudet, conseiller municipal délégué au projet de ville, au numérique et au pouvoir d’achat. Pour lui, cette démarche doit permettre de transformer le projet politique porté par la majorité en véritable « projet de ville ».
Le questionnaire, mis en ligne le 15 septembre 2026, constitue ainsi une nouvelle étape dans cette réflexion. « Le questionnaire aujourd’hui, c’est pour peaufiner le projet politique », précise l’élu. Certaines questions sont communes avec la précédente consultation, tandis que d’autres ont évolué. Une manière de mesurer les changements intervenus dans la vie des Vichyssois et de mieux cerner leurs attentes pour les prochaines années.
Un questionnaire qui soulève des attentes
Parmi les répondants, certains mettent déjà en avant des attentes concrètes pour les prochaines années. C’est notamment le cas de Manon, étudiante à Vichy, qui estime que la jeunesse pourrait être davantage prise en compte. « J’ai notamment pensé aux transports en commun, qui peuvent manquer pour les personnes qui habitent plus loin du centre, affirme-t-elle. Mais aussi au logement étudiant, puisque la ville se développe autour du pôle universitaire. »
Christophe relève quant à lui les difficultés liées au stationnement dans certains secteurs de la ville. « Trouver une place pour se garer dans la rue peut être compliqué selon les quartiers », souligne-t-il. Les transports en commun ne lui semblent par ailleurs pas toujours répondre aux besoins de l’ensemble des habitants. Il évoque également les pistes cyclables comme une alternative possible à la voiture, tout en estimant que leur développement reste perfectible : « Certaines sont pénalisées par leur état ou par des tracés qui ne permettent pas réellement de gagner du temps dans les déplacements. »
Pour Manon, l’intérêt de la démarche dépendra toutefois de la suite qui sera donnée aux réponses recueillies. « La vraie question sera de savoir ce que la municipalité fera réellement de ces réponses. Est-ce que les propositions seront mises en place d’ici 2040 ? » Cette réserve n’empêche pas une appréciation globalement positive de l’évolution de Vichy. « La ville a beaucoup été rénovée et semble chercher à attirer de nouveaux habitants, pas uniquement des curistes », affirme la jeune femme. Christophe, lui, décrit une ville « agréable à vivre ».
Affiner les priorités pour les prochaines années
Si la consultation doit permettre de reprendre le « pouls de la population », elle ne remet pas pour autant en cause le programme sur lequel la majorité a été élue. « On a été élus sur un programme et on le mettra en œuvre », rappelle Matthieu Boudet. Les réponses doivent plutôt permettre de mesurer la réception des différentes mesures et d’identifier celles qui suscitent davantage d’adhésion ou, au contraire, de réserves.
« On sait qu’il y a des mesures qui sont plus ou moins populaires que d’autres », souligne l’élu. L’enjeu est donc également de savoir dans quel ordre et à quel rythme les différents projets pourront être engagés au cours des prochaines années.
Reste désormais à mesurer la mobilisation autour du questionnaire. Celui-ci circule à la fois sous format numérique et papier. Des urnes ont notamment été installées dans différents lieux de la ville, permettant à chacun de participer. « Au grand marché, elle était bien pleine pour le coup. Donc, il y aura beaucoup de retours papier », constate Matthieu Boudet.
Les habitants pouvaient répondre au questionnaire jusqu’au 18 octobre 2026, en ligne ou sur papier. Des bulletins étaient notamment disponibles dans plusieurs lieux de proximité, dont la mairie, le grand marché, la médiathèque, l’Office de tourisme ou encore le centre social René-Barjavel.
Océane Dufoulon