Moinet : après six boutiques, jusqu’où ira l’expansion de la maison vichyssoise ?

Par Florian COLLIN

En dix ans, la maison Moinet est passée de deux boutiques à six, avec des implantations à Vichy, Clermont-Ferrand et Paris. Dernière étape en date : la Pastillerie, ouverte en mars 2026 face au parc des Sources. Mais l’entreprise familiale pense déjà à la suite, avec Lyon dans le viseur, explique à L’Effervescent Lucas Michaille, responsable de production.

La Pastillerie propose uniquement des produits autour de la pastille du bassin de Vichy. Crédit : Florian Collin
La Pastillerie propose uniquement des produits autour de la pastille du bassin de Vichy. Crédit : Florian Collin

À l’angle des rues du Président-Wilson et du Président-Roosevelt se trouve la dernière-née des boutiques de l’entreprise vichyssoise Moinet : la Pastillerie. À l’intérieur, les quatre parfums de la pastille de Vichy — menthe, citron, anis et orange — côtoient différents produits autour de la célèbre confiserie : sirop, bière, pastillade ou encore produits dérivés.

Ouverte en mars 2026, la Pastillerie bénéficie d’un emplacement particulier, face au parc des Sources. « C’est un emplacement stratégique pour nous », estime Lucas Michaille, responsable de production de l’entreprise. Auparavant, les lieux étaient occupés par la chocolaterie Le Petit Luc. Son propriétaire souhaitant prendre sa retraite, Lucas Michaille s’est intéressé de près à la vente : « L’emplacement était très intéressant, j’ai convaincu mes parents, propriétaires de Moinet, de racheter. »

Un bilan plus que positif pour la nouvelle boutique

Il s’agit de la quatrième boutique de Moinet dans le centre-ville de Vichy. Restait à trouver quoi faire de cette nouvelle adresse. « Il fallait en faire un truc en plus », se souvient Lucas Michaille. Le choix s’est naturellement porté sur un espace consacré à la pastille, produit emblématique du bassin vichyssois.

Avec ses 35 m², la boutique reste de petite taille, mais suffisamment grande pour proposer les différentes déclinaisons de la pastille. « On a décidé de faire un peu de merchandising », explique Lucas Michaille. Tablier, torchons, porte-clés et autres objets viennent ainsi compléter les produits alimentaires.

Après un premier été d’activité, le bilan est positif. « Ça a été meilleur que nos attentes », résume le responsable de production. Une première saison qui semble donc conforter Moinet dans son choix d’investir dans ce nouvel emplacement.

Une entreprise qui change d’échelle

Créée en 1852, la confiserie Moinet n’a longtemps compté qu’une seule boutique, rue de la Source-de-l’Hôpital. Puis une deuxième adresse, Côté Sucré, a vu le jour rue Clemenceau, à environ 250 mètres de la première, précédant une rapide expansion au cours de la dernière décennie.

Il faut attendre 2015 pour que Moinet sorte de son cocon vichyssois. Une boutique ouvre alors à Paris, sur l’île Saint-Louis, avant une implantation à Clermont-Ferrand, place Royale, moins d’un an plus tard. En 2017, Moinet revient à Vichy avec un glacier, installé entre ses deux boutiques historiques. La Pastillerie constitue donc la dernière étape de cette expansion dans la ville.

Mais multiplier les points de vente suppose aussi de pouvoir suivre la demande. « 95 % des produits que nous vendons sont faits par nous », explique Lucas Michaille. Malgré son développement, Moinet continue ainsi de fabriquer ses propres pastilles et confiseries dans ses deux usines situées à Hauterive, à sept kilomètres au sud-est de Vichy.

L’une d’elles est entièrement consacrée à la pastille de Vichy – elle en produit entre 750 et 800 tonnes chaque année. La seconde est dédiée aux autres confiseries. Moinet complète cette production grâce à plusieurs partenariats, notamment avec les Brasseurs du Sornin, basés à Pouilly-sous-Charlieu, dans la Loire. L’entreprise travaille avec eux pour fabriquer certains produits comme la liqueur à la pastille, la Pastillade, le sirop ou encore la bière à la pastille.

À cette activité s’ajoute la grande distribution. Les pastilles et autres confiseries Moinet sont vendues dans des enseignes comme Leclerc, Carrefour et Casino, sous la marque Moinet mais également sous des marques de distributeurs. Malgré l’ouverture de la Pastillerie, Côté Sucré, rue Clemenceau, reste la boutique qui accueille le plus de clients, locaux comme touristes.

Jusqu’où ira Moinet ?

Après Vichy, Clermont-Ferrand et Paris, Moinet regarde désormais vers une nouvelle ville. « Dans la suite logique des choses, on aimerait bien voir une boutique à Lyon », raconte Lucas Michaille. Une implantation qui s’inscrirait dans la continuité du développement géographique de l’entreprise, en remontant progressivement vers une métropole plus importante.

Mais ouvrir une nouvelle boutique ne se résume pas à trouver un local. « Le problème, c’est qu’il faut trouver des personnes de confiance pour ouvrir une nouvelle boutique », explique le responsable de production. Il regarde déjà régulièrement les annonces dans le Vieux-Lyon, sans pour autant fixer de calendrier. « Ça pourra être dans deux ans, cinq, dix ou même pas pour le moment. »

L’expansion de Moinet pourrait également passer par les produits eux-mêmes. Lucas Michaille espère notamment développer les pâtes de fruits, dont la production atteint aujourd’hui environ 60 tonnes par an. Les retours sur cette confiserie sont encourageants et le responsable de production apprécie particulièrement ce produit. À terme, il imagine même une usine qui lui serait entièrement consacrée.

De nouvelles boutiques, de nouveaux produits et peut-être, demain, une nouvelle usine : après avoir multiplié par trois le nombre de ses points de vente en une dizaine d’années, Moinet ne semble pas vouloir s’arrêter à six.

Florian Collin