Les Starlines : le twirling en compétition dès le plus jeune âge
Par Hanaé MITTEAU
Concentration, énergie et synchronisation : le twirling n’a rien d’un simple loisir. Cette discipline, souvent méconnue du grand public, mêle danse, gymnastique rythmique, acrobaties et maniement technique du bâton. Rencontre avec les Starlines du Mayet-de-Montagne, qui excellent à cet exercice.

Sur la musique du Roi Lion, les mini-twirlings s’élancent. La musique résonne dans le gymnase du Mayet-de-Montagne, couvrant presque le bruit des bâtons qui s’envolent avant de retomber parfois au sol. Les filles sont concentrées, les regards fixés droit devant elles. Chaque lancer compte, chaque enchaînement doit être parfaitement exécuté. Ici, pas de place pour l’à-peu-près.
Le twirling est un sport exigeant, qui demande rigueur, entraînement et engagement, même et surtout chez les plus jeunes. Dans l’équipe compétition, certaines filles n’ont que 7 ou 8 ans, mais déjà une expérience solide des praticables et des compétitions.
Apprendre, répéter, réussir : la rigueur des entraînements
À la tête de cette section compétition, Amélie Vernay. Ancienne athlète du club, elle entraîne depuis plus de quinze ans. Cette année, elle est aussi secrétaire des Starlines, un club fondé en 1989. « Les filles qui choisissent la compétition savent que ça va être dur. Elles savent qu’elles ne vont pas réussir à chaque fois, mais elles ont envie d’essayer de faire mieux », explique-t-elle. Chez les Starlines, deux sections coexistent : le loisir et la compétition. Les plus jeunes qui rejoignent la section compétition s’engagent à être assidues, à accepter l’exigence et les échecs, mais aussi à viser des objectifs.
Les entraînements sont structurés et exigeants. Deux à trois fois par semaine, les filles se retrouvent au gymnase. La séance débute par un échauffement complet : cardio, étirements, renforcement musculaire. « Il faut préparer le corps comme en danse ou en gymnastique rythmique », précise la coach. Vient ensuite le travail technique du bâton : flips, rotations, lancers. Chez les minimes, tout commence par les bases. « Le twirling, c’est un sport très technique. On ne peut pas improviser. Si on ne s’entraîne pas, ça ne fonctionne pas », insiste Amélie Vernay.
Se dépasser et grandir ensemble
Parmi les plus jeunes, Maéline, 7 ans, et Emma, 8 ans, pratiquent ce sport depuis déjà plusieurs années. Ce qu’elles aiment ? « Tout », répond Maéline sans hésiter. Les équipes, les solos, les duos, mais aussi les objectifs à atteindre. « Il y a des médailles et des coupes », sourit Emma. Toutes deux participent à plusieurs catégories et découvrent peu à peu les exigences de la compétition. « L’important, c’est de progresser », expliquent-elles, en évoquant leurs figures préférées et les lancers qu’elles s’entraînent à maîtriser.
Avec l’âge viennent les premières compétitions importantes, et avec elles, le stress. Laura et Arwen, 11 ans, connaissent déjà cette pression. « Ça dépend des compétitions, explique Laura. Quand tu es devant le juge, le stress passe un petit peu. » Arwen, elle, avoue que la pression reste parfois présente jusqu’à la fin du passage. Pourtant, aucune n’envisage d’arrêter. « C’est la passion », disent-elles. Et surtout, la fierté de réussir un enchaînement, d’améliorer son score ou de limiter les chutes par rapport à la compétition précédente.
Pour Amélie, la dimension mentale est centrale. « La différence se fait souvent dans la tête. Certaines filles font des choses incroyables à l’entraînement, mais n’arrivent pas à les reproduire en compétition », explique-t-elle. Chez les plus jeunes, la gestion du stress est encore en construction. La coach observe, rassure, ajuste : « On tâtonne. Chaque enfant est différent. »
Mais, au-delà des résultats, ce qui fait la force des Starlines, c’est l’esprit d’équipe. « On a des grandes et des petites, et l’entraide est essentielle », souligne Amélie Vernay. Une solidarité que l’on retrouve aussi chez les plus âgées du club. Léa, 22 ans, aide coach auprès des plus jeunes, parle d’« une deuxième famille ». Romane, 13 ans, assistante coach, évoque « l’entraide et la solidarité ».
Cet esprit collectif permet aussi d’assurer la relève. Pour elles, les objectifs restent simples : réussir un nouveau lancer, gagner en confiance, être synchronisées en équipe. Mais à tous les niveaux, la même idée revient : se battre contre soi-même et progresser ensemble.
Hanaé Mitteau