De Vichy aux podiums mondiaux : le parcours d’une championne de pole dance
Par Angèle NIVOL
Rien n’avait prédestiné Nathalie Poncy à devenir l’une des figures françaises majeures de la pole dance sportive. Et pourtant, à 53 ans, maman de deux grands garçons, la championne de France à deux reprises et médaillée sur la scène internationale incarne aujourd’hui une discipline encore méconnue, souvent caricaturée, mais qui exige une rigueur, souplesse et force.

Rien ne laissait présager que Nathalie Poncy deviendrait l’un des visages de la pole dance nationale. La Vichyssoise d’adoption a d’abord suivi un chemin académique, loin des barres de pole, avec des études de comptabilité. Enfant, elle pratiquait certes la gymnastique, mais sans parvenir à réunir les critères requis pour intégrer un parcours sport-études. « Je n’avais pas le niveau », reconnaît-elle avec lucidité. Avec le temps, Nathalie s’éloigne des agrès. Cette exigence et cette grâce, elle les retrouvera bien plus tard, dans une autre forme d’expression corporelle : la pole dance.
Une découverte par hasard
Il y a neuf ans, le déclic survient presque par hasard. Devant une émission de télévision consacrée à la pole dance, Nathalie est intriguée. Une amie pratique déjà, elle lui demande de l’emmener à un cours. C’est une révélation. Depuis, elle consacre dix heures par semaine à sa passion : six heures de pole et quatre heures de danse. « Ce que j’aime, c’est ce mélange de gymnastique et d’art : la force, la souplesse, l’acrobatie, mais aussi la fluidité du mouvement », explique-t-elle.
Renaissance après la blessure
En 2024, après une longue blessure et neuf mois d’arrêt, Nathalie décide de se lancer dans la compétition pour se motiver. Le pari est gagnant : elle décroche le titre de championne de France et termine troisième aux championnats d’Europe. L’année suivante, elle conserve son titre national et réussit ses Mondiaux.
« En 2024, je n’avais pas assez travaillé la préparation mentale. Ensuite, j’ai appris à visualiser ma chorégraphie, à me concentrer », confie-t-elle. Elle se rappelle le stress du jour J - une figure ratée à l’entraînement, rattrapée magnifiquement en compétition. « Cette figure était au début de ma routine. Quand je l’ai réussie, tout s’est débloqué », confesse-t-elle.
Pour les concours de pole dance, il faut exécuter une chorégraphie de quatre minutes. Dans celle-ci, on retrouve dix figures techniques, un passage entre une barre fixe (la barre dite « en static ») et une barre tournante (la barre « en spinning »). La notation va porter sur la technique, l’exécution et l’artistique. « C’est très codifié, comme la gymnastique. Et c’est ce qui me plaît ! », explique-t-elle.
Changer les regards sur la discipline
La pole dance est une discipline victime de préjugés. « Elle vient du cirque à l’origine, puis a été reprise par les strip-teaseuses avant d’être reconnue comme un sport à part entière. Les tenues peuvent sembler légères, mais elles sont nécessaires pour accrocher à la barre ! », insiste Nathalie.
La sportive s’entraîne dans une petite structure à Creuzier-le-Neuf, où la salle Métamorph’Ose doit rouvrir en février. Ce n’est pas un pôle de haut niveau, mais un club de passionnés d’une centaine d’adhérents. « Il y a une vraie bienveillance entre les pratiquants. En compétition aussi, l’ambiance est globalement saine. » Sa coach, Audrey Didier, profitera de la réouverture pour proposer de nouveaux cours, notamment d’initiation.
Un modèle pour les générations suivantes
Maman de deux grands garçons de 19 et 22 ans, Nathalie sait ce que la transmission veut dire. Le plus jeune pratique la gym et le team gym, discipline dans laquelle il est champion de France en équipe, tandis que l’aîné se consacre à l’escalade. « Mes parents n’étaient pas sportifs, ce n’était pas leur génération. Mais ils m’ont toujours soutenue », commente Nathalie.
Aujourd’hui, celle qui a commencé la danse à trois ans regarde vers ses prochaines échéances : le championnat de France en février, puis un nouvel objectif mondial. « Je veux améliorer ma place et continuer à progresser », affirme-t-elle.
Angèle Nivol