Le CCFD-Terre Solidaire, une ONG pas comme les autres

Par Pierrick MOUEZA

Créée en 1961, l’ONG CCFD-Terre Solidaire lutte contre la faim et pour le développement à l’échelle internationale. Son référent pour l’Allier, Dominique Desnoyer, revient avec L’Effervescent sur les principes de cette association qui œuvre indirectement aux quatre coins du monde.

Groupe de bénévoles du CCFD.
Quelques bénévoles du CCFD. Crédit : CCFD-Terre Solidaire

« Ici, là-bas, nos destins sont liés », tel est le slogan du CCFD. Cet acronyme de quatre lettres signifie « Comité catholique contre la faim et pour le développement », une référence religieuse due au fait que l’association a été créée par la conférence des évêques de France. Dominique Desnoyer, bénévole et référent départemental pour l’Allier, explique le fonctionnement de « la première ONG française de solidarité internationale et de développement », selon le site internet de l’organisation.

« La seule association qui ne fait rien »

L’objectif du CCFD est d’aider les acteurs locaux impliqués dans le développement ou l’assistance plutôt que de réaliser des actions à leur place sur le terrain. D’où cette étonnante phrase de l’ONG que l’on peut lire sur des brochures : « Devenez bénévole pour la seule association qui ne fait rien. » Vous l’aurez deviné, en réalité elle fait, mais différemment des autres organisations humanitaires. « On soutient des partenaires, comme des associations et des coopératives, pour leur permettre de mener à bien leur projet », détaille Dominique Desnoyer.

Lui est convaincu de l’importance de l’ONG et du rôle crucial joué par ses partenaires du Sud. « Ce sont des gens qui risquent leur vie pour ce qu’ils font. Ça fait 45 ans qu’ils jouent avec la répression dans leur pays ou les grandes sécheresses. C’est extraordinaire. »

L’ONG joue donc un rôle indirect à travers des partenariats. Cela passe par une mise en réseau, un appui financier et un accompagnement pour chaque porteur de projet. En amont, l’organisation envoie des « chargés de mission, qui se rendent dans différents pays pour rencontrer des partenaires, analyser le territoire et faire un compte-rendu à une commission nationale ». Celle-ci décide ensuite de l’action à mettre en place pour aider ces partenaires.

Côte d’Ivoire, Cuba, Guatemala, Philippines, Liban, Argentine, Inde… Les pays sont divers et les missions le sont tout autant. « En ce qui concerne les actions, on essaie de privilégier l’agroécologie paysanne et solidaire », ajoute le bénévole. Exemple à Madagascar. L’île est frappée par les effets du changement climatique, qui rend difficile l’agriculture et donc la production de nourriture. CCFD-Terre Solidaire soutient le développement d’un modèle agroécologique via l’association Femmes en action rurale de Madagascar (FARM). Une façon de produire de la nourriture de qualité sans peser sur l’écosystème et en étant autosuffisant.

Des actions en France

Bien loin des pays cités précédemment, d’autres actions se déroulent plus près de chez nous, dans l’Hexagone. « 7826 bénévoles agissent dans toute la France. Ils organisent des ateliers dans des écoles, des débats publics, des rencontres avec des acteurs engagés en France et à l’international, des campagnes citoyennes », énumère l’ONG.

À Vichy, quelques bénévoles d’associations s’étaient rassemblés sur la place Charles de Gaulle pour servir des « soupes sans frontières dans le maximum de villes en Auvergne-Rhône-Alpes », explique Dominique Desnoyer. Une action pour mettre en lumière la journée mondiale de la migration, qui a lieu le 18 décembre. Objectif de ce déploiement dans la ville thermale : sensibiliser au sujet de l’immigration et ainsi lutter contre la xénophobie. « On a aussi créé une fondation qui s’appelle la Fondation Terre Solidaire, qui mène des actions exclusivement en France pour soutenir des projets qui luttent contre le changement climatique et qui promeuvent la solidarité », souligne le bénévole.

Un engagement local de plus en plus faible

Comme de nombreuses autres organisations non gouvernementales, le CCFD-Terre Solidaire demande des petites mains un peu partout en France. « On a besoin d’adhérents », lance Dominique Desnoyer. Le militant attire par ailleurs l’attention sur une autre association vichyssoise, Amnesty International. « Elles ne sont plus que deux vieilles dames à Vichy. Elles se demandent comment faire pour la suite », raconte-t-il.

Il faut dire que trouver la relève s’avère difficile. « Il n’y a pas beaucoup de jeunes. On a surtout des personnes entre 40 et 45 ans », remarque le bénévole. « À Vichy, maintenant on est une dizaine et les derniers bénévoles qui sont arrivés ne sont pas chrétiens », précise-t-il. Une façon de rappeler que la porte est grande ouverte pour tous ceux qui s’intéressent aux missions du CCFD-Terre Solidaire.

Contact CCFD Allier : ccfd03@ccfd-terresolidaire.org

Pierrick Mouëza