Olivier Buvat, créateur d’univers baroques
Par Margaux FERRER
Depuis la fin du mois de novembre, une nouvelle adresse attire les curieux à deux pas du parc des Sources. Le Boudoir d’Olivier n’est pas une boutique de décoration comme les autres. C’est un lieu à part, à l’image de son propriétaire, ancien danseur et coach sportif, qui a fait de l’écoute, du partage et de la réinvention un véritable art de vivre.

En poussant la porte du Boudoir d’Olivier, on est immédiatement plongé dans une atmosphère feutrée. Les objets s’accumulent sans jamais étouffer l’espace. Olivier Buvat circule entre les meubles avec naturel. « J’ai été danseur pendant vingt ans », glisse simplement le propriétaire de l’établissement de décoration, situé au bord du parc des Sources, à Vichy.
Une trajectoire guidée par le mouvement
Originaire de Moulins, dans l’Allier, Olivier Buvat, aujourd’hui âgé de 60 ans, commence très jeune la danse avant de monter à Paris pour se former. «Il fallait que je parte pour avoir un meilleur avenir », résume-t-il. Dans la capitale, il vit plusieurs vies professionnelles – la danse d’abord, puis le coaching sportif pendant près de dix ans. « J’ai toujours travaillé avec les gens, avec le corps, avec l’énergie. » Il y a dix ans, nouveau virage. Il quitte Paname pour s’installer en Normandie. « J’avais envie de changer de vie ». Là-bas, il ouvre successivement deux boutiques, déjà baptisées « Boudoir ». « Au XVIIIᵉ siècle, c’étaient des lieux où l’on se retrouvait pour parler. Moi, j’ai toujours aimé le contact humain. »
« Vichy m’a toujours fait rêver »
Si la Normandie lui offre un nouveau départ, Olivier finit par s’en lasser. « Il pleuvait beaucoup, j’en avais un peu marre », confie-t-il. Peu à peu, Vichy s’impose comme une évidence. « J’étais petit quand je venais ici avec ma mère. Vichy m’a toujours fait rêver. » En revenant voir ses parents, il constate l’évolution de la ville. « Depuis quelques années, Vichy va mieux. Je trouve que le commerce y est très dynamique. » Pendant deux ans, il vient régulièrement, prend le temps. « Je venais de temps en temps pour chercher où habiter. » En juillet dernier, il achète un appartement au parc des Sources. Quelques mois plus tard, il trouve le local pour sa boutique. « Quand je l’ai trouvé, ça a été le hasard. Et puis il y a ce petit étage, très sympa. Les gens sont toujours surpris, c’est un petit plus. »
L’ouverture, fin novembre, se déroule dans de bonnes conditions. « Décembre s’est super bien passé, surtout pour les fêtes. Janvier, en revanche, c’est très calme », reconnaît-il. Une réalité du commerce qu’il accepte avec philosophie. « Quand on est commerçant, attendre, ce n’est pas bon pour le moral. Heureusement, je suis toujours en train de décorer, de déplacer, de créer. »
Un boudoir comme lieu de vie et de confidences
Olivier Buvat tient à préciser sa démarche. « Je ne suis pas antiquaire. C’est un univers qui m’est propre.» Le boudoir se veut baroque, chaleureux, presque enveloppant. « On a envie d’y rester. C’est un mélange d’objets et de styles, comme chez soi. Je transfère un univers qui me ressemble. » Chez lui, dit-il en souriant, « c’est pareil, mais en plus sophistiqué ».
Les objets viennent de successions ou de particuliers. « Des gens viennent me voir parce qu’ils ont trop de choses chez eux. Je ne vends que des coups de cœur. » Les prix sont volontairement accessibles. « Dans la seconde main, tout est très relatif. Chacun fait ses prix. Moi, je fais toujours le plus bas. »
Mais plus qu’un lieu de vente, Le Boudoir d’Olivier est un lieu de vie. « Beaucoup de gens viennent sans acheter, mais ils me parlent. J’aime écouter, je suis empathique. » Certains visiteurs lui confient même leur envie de rester. « On me dit souvent : “J’aime votre boutique, on a envie de s’installer.” » La clientèle est encore en train de se dessiner. Elle est plutôt âgée pour l’instant, c’est la décoration qui attire. Mais il y a aussi des jeunes, parce que le vintage est très à la mode. Soutenu par son compagnon, qui le suit partout, Olivier regarde l’avenir sans crainte. « Peut-être que dans dix ans, j’aurai envie d’une autre vie. On sait qu’il faut se réinventer. Mais je n’arrêterai jamais de travailler. J’aime le contact avec les gens, ça me fait vivre. »
Margaux Ferrer