Bourse aux vélos de Saint-Yorre : une affaire qui roule

Par Elina MICHON

Les 22 et 23 novembre, le club des cyclo-randonneurs Saint-Yorrais a reconduit, pour une 35e édition, sa bourse aux vélos à Saint-Yorre. Cette année encore, près de 300 vélos ont été vendus, témoignant de l’engouement autour de l’achat de seconde main.

Philippe Derenchy est au centre de l’image et regarde l’objectif. Il est entouré de vélos, stockés dans un hangar.
Philippe Derenchy, président du club des cyclos randonneurs Saint-Yorrais, a participé à la 35e édition de la bourse aux vélos de Saint-Yorre, le week-end des 22 et 23 novembre. Crédit : Élina Michon

« Ici, il y a de tout et pour pas cher. » Pour Philippe Derenchy, président du club des cyclo-randonneurs Saint-Yorrais, le temps est à la vente de vélos d’occasion. Les 22 et 23 novembre dernier, l’association a organisé son annuelle bourse aux vélos à la salle Nicolas-Larbaud de Saint-Yorre. Le temps d’un week-end, de nombreux particuliers sont venus dégoter la meilleure affaire. Cet évènement a permis à 265 vélos de trouver un nouveau propriétaire. Véritable succès, ce résultat n’est pas le fruit du hasard.

Une institution rôdée et bien implantée  

Depuis sa création, la bourse aux vélos n’a jamais désempli. D’abord spécialisée dans la vente de pièces détachées, elle s’est ensuite élargie aux vélos. Devenue un évènement incontournable de Saint-Yorre, elle doit une partie de son succès à son fonctionnement. Le vendeur vient, dans un premier temps, déposer son vélo et fixe le prix de vente avec un conseiller. La bicyclette est ensuite présentée au public pendant le week-end. Le dimanche soir, le propriétaire vient récupérer soit son vélo, soit l’argent de la vente. « On prend notre petite marge de bénéfice sur la vente pour pouvoir assurer la continuité des activités de notre club sur toute l’année », précise Philippe Derenchy, président de l’association.

VTT, VTC, vélos électriques ou vélos pour enfants, environ 590 vélos étaient présentés cette année aux visiteurs. Ce large choix est une aubaine pour des acheteurs potentiels en quête d’un deux-roues peu cher et de qualité. « Ici, c’est une sorte de foire. Les gens peuvent voir directement les vélos qui les intéressent. On les pousse aussi à les essayer sur le parking, explique Philippe Derenchy. Si au moment de la vente, il y a un critère qui est défectueux, comme les freins, on essaye d’y remédier dans notre petit atelier. En général, ça conclut bien une vente. »

Sur le territoire, la bourse aux vélos Saint-Yorraise est un de seuls évènements associatifs consacrés à la vente de vélos d’occasion. Cette année, les vendeurs provenaient, outre l’Allier, de huit départements proches, comme la Franche-Comté, la Loire ou encore le Rhône. Bertrand, venu vendre deux VTT, est l’un d’eux. « Je suis de Lyon. Cela fait plusieurs années que je viens déposer des vélos. Je trouve que c’est plus simple que si je le vendais moi-même », indique-t-il.

Un atout pour les vendeurs et les acheteurs

Du côté des vendeurs, la bourse aux vélos est un bon moyen de se débarrasser d’un deux-roues qui encombre les garages, tout en gagnant un peu d’argent. « J’ai acheté un vélo à ma femme il y a quelques temps. Aujourd’hui, elle n’en fait plus. Comme ça prend de la place, je l’ai emmené ici », témoigne ainsi Fernand, habitant de Cusset. Pour certains, la vente encadrée de leur vélo est un atout pour faciliter les achats par des personnes intéressées.

Si certains se sont parfois tournés vers le site Internet Le Bon Coin, ils déplorent la longue attente avant de pouvoir vendre le vélo. Pour d’autres, c’est la prise en main du site qui reste complexe, comme l’affirme Philippe Derenchy : « Beaucoup de personnes âgées, qui ne sont pas habituées à l’informatique, se débrouillent mal avec ce système-là. Elles ne veulent pas recevoir, non plus, les gens chez eux. Pour elles, la bourse aux vélos est un bon compromis. »

Pour les acheteurs, la volonté de trouver un vélo d’occasion est notamment impulsée par une envie de pratiquer un sport sans pour autant se ruiner. C’est le cas de Nadine, originaire de Bellerive-sur-Allier. « Tout le monde se met au vélo ! Récemment, ils ont refait les bords de l’Allier et je voyais des gens se balader, explique-t-elle. J’ai acheté un vélo électrique d’occasion car je ne roulerais que l’été. Neuf, je l’aurais acheté 2000 euros, ici, il était à 790 euros. »

Le marché de l’occasion, synonyme de succès national

Chaque année, la bourse aux vélos de Saint-Yorre enregistre, en moyenne, 40 % de ventes sur la totalité des produits. Ce bilan positif souligne l’attractivité du marché de la seconde main qui n’en finit plus de convaincre de nouveaux adeptes. Depuis 2020, le marché de l’occasion progresse. Outre l’aspect économique, les acheteurs pensent aussi à l’impact écologique négatif de l’achat d’un vélo neuf. « Aujourd’hui, au moment d’effectuer une vente, je propose à mes clients de reprendre leur vélo d’occasion », explique Cédric Beaujon, co-gérant de La Cabane à Vélos, situé à Abrest, à quelques kilomètres de Saint-Yorre.

Selon la dernière étude de l’Observatoire du cycle, commandée par l’Union sport et cycle, en 2024, les professionnels du secteur ont vu progresser de 9 % les ventes de vélos d’occasion. Pour Phillipe Derenchy, une chose est certaine, la bourse aux vélos n’est pas près de s’arrêter en si bon chemin : « L’année prochaine, on sera encore là. Je ne pense pas que du jour au lendemain, les gens vont se passer de vélos. »

Élina Michon