Sophie Mestre fait battre le cœur de Saint-Yorre
Par Isaline LESAIN
Depuis deux ans, Sophie Mestre préside l’Association des donneurs de sang bénévoles de Saint-Yorre. Infirmière et mère de famille, elle s’investit pour mobiliser les donateurs de sang et de plasma dans sa commune.

« Pas besoin d’être présidente d’association pour apporter ses idées et améliorer les choses. » Voici les premier mots, emprunts d’humilité, prononcés par Sophie Mestre, responsable de l’Association des donneurs de sang bénévoles de Saint-Yorre (ADSB), quand on l’interroge sur son rôle de présidente. Pour L’Effervescent, l’infirmière de 37 ans fait le point, sans vanité, sur ses deux premières années à la tête de l’ADSB.
L’engagement n’a en effet rien de nouveau pour Sophie. « Je donne mon sang depuis que je suis en âge de le faire », affirme-t-elle. En 2021, elle franchit cependant un nouveau pas, en devenant bénévole de l’ADSB dans sa délégation. « Ça a toujours été quelque chose qui m’a parlé en termes de gestes citoyens. Les bénévoles déjà présents m’ont proposé de venir les aider et très vite, j’y ai pris goût », relate la mère de famille. Deux années suffisent pour que des idées émergent et résonnent parmi les bénévoles. Alors, animée par les valeurs de cet engagement associatif, Sophie reprend les rênes de l’ADSB de Saint-Yorre à la suite de Christine Tournadre, qui cède la place après douze ans de labeur.
Une solidarité inter-associative
Des projets plein la tête, la nouvelle présidente rêve dès le départ de dynamiser l’association. « On a envie de promouvoir, mais sans être trop lourds », explique calmement Sophie Mestre. En tenant des stands lors d’événements locaux et en mettant à jour les réseaux sociaux, l’association souhaite atteindre deux objectifs : être visible sans forcer quiconque à écouter son discours. D’autres moyens sont déployés pour faire connaître l’ADSB à l’échelle de Saint-Yorre et de ses alentours. Sophie Mestre sort alors son autre casquette, celle de bénévole à l’Amicale laïque de la commune. La mère de famille relate : « Quand il y a une collecte de sang, l’Amicale va la relayer. On se prête aussi du matériel. »
Cette entraide entre les associations est un rouage nécessaire pour l’image de l’ADSB. « Pour l’année prochaine, le club de football a accepté de mettre les dates de collecte 2026 dans leur calendrier. Avec les pompiers, on communique mutuellement sur nos actualités », indique-t-elle. Et il faut dire que ces actions font déjà leurs preuves.
Fidéliser par l’accueil
« En deux ans, on a beaucoup progressé en termes de dons. On est passés de 45-50 donneurs à presque 70 », annonce la bénévole. Pour l’association, tant qu’il y a des donneurs, les collectes sont réussies. Alors, pour maintenir leur nombre et rendre leur venue plus régulière, l’ADSB améliore la collation proposée par l’Établissement français du sang (EFS). « On propose un peu de fromage, de la pizza. On essaie de varier d’une collecte à l’autre, mais avec l’idée qu’ils se sentent le plus à l’aise possible et que ce soit un moment agréable », indique Sophie Mestre.
La méthode est efficace pour susciter chez le donneur l’envie de revenir. L’ADSB de Saint-Yorre offre aussi à la population de l’Allier des dates de dons supplémentaires. La présidente explique : « Le but, c’est de donner aux gens le choix dans les horaires pour multiplier les chances qu’ils viennent donner. Un coup, ils se rendent à Saint-Yorre, un coup à Abrest, un coup à Vichy. »
Pas de temps, pas de don du sang
Difficile de trouver du temps pour venir donner, encore plus s’il faut venir sans enfant. À travers ses actions au sein de l’Amicale laïque, Sophie Mestre fait fusionner ses deux engagements citoyens. Avec d’autres bénévoles, elle a participé à la création d’un espace enfants lors des collectes de sang. « C’est vraiment quelque chose qui me tenait à cœur, et qu’on a partagé avec les associations autour », confie-t-elle. Une manière de soulager les parents tout en sensibilisant les enfants à cette action.
Sophie présente le déroulement de l’accueil : « Les enfants sont très bien accueillis par l’équipe de prélèvement, qui les autorise à vadrouiller dans la salle. Ils peuvent suivre leurs parents tout au long du parcours du don, rester à côté pour la piqûre, pour voir le prélèvement. Ou alors, ils peuvent aller jouer dans un petit coin tout en ayant leurs parents pas très loin. »
À la recherche de plasma
Un des chevaux de bataille de la jeune présidence est la recherche de plasma. D’après l’EFS, en effet, la France est dépendante à 60 % des États-Unis en matière de don de plasma. Sophie Mestre espère atteindre l’autosuffisance. Problème : les collectes de plasma se font uniquement en maison du don. La plus proche étant à Moulins, l’ADSB de Saint-Yorre relaie donc sur ses réseaux sociaux les horaires des navettes pour s’y rendre.
« Le plus gros frein à l’heure actuelle, c’est le temps que ça prend. Notamment pour les actifs, qui ne peuvent pas se permettre de poser une demi-journée pour aller donner leur plasma », informe la présidente d’association. Pourtant, elle entrevoit une solution : inciter les entreprises à proposer un don de plasma à leurs salariés sur leur temps de travail. Das ce combat, l’ADSB de Saint-Yorre incite les employeurs à s’allier à sa cause. « Une cause qui concerne tout le monde », conclut Sophie Mestre.
La prochaine collecte de sang à Saint-Yorre se tiendra le 27 février 2026.
Isaline Lesain